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PETITE MAM

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Écologie : s'alimenter de manière à sauver la planète

Aujourd'hui sur le blog, je laisse la parole à Romain Pillard, sur un sujet qui me sensibilise énormément et qui touche 7 milliards d'individus ! Il s'agit de l'écologie et de notre manière de nous alimenter. Comment s'alimenter tout en sauvant la planète ? 

Écologie : s'alimenter de manière à sauver la planète

Lorsque l’on parle d’écologie, on ne peut plus se permettre de le faire à l’échelle de son petit clocher, ou de sa petite supérette. La prise de conscience doit être globale, sans quoi les résultats ne seront pas suffisants pour nous éviter de foncer droit dans le mur,  à l’horizon de quelques décennies dans le meilleur des cas. S’agissant de « sauver la planète », il faut considérer que toute la chaîne liée à la nourriture – de la production à la consommation - est un levier sur lequel il va falloir apprendre à jouer, tous autant que nous sommes. Dans cet article, nous allons parler de différents outils pour cerner le problème et le traiter, en particulier le Taux de Retour Énergétique, puis nous nous pencherons sur les solutions qui existent pour le consommateur moyen en survolant les modes de consommations actuels ici ou ailleurs.

 

 

 

Par Romain Pillard

Écologie : s'alimenter de manière à sauver la planète

I/ Manger, oui, mais pour quel coût énergétique et quel dégâts pour la planète ?

Lorsque l’on parle de sauver la planète tout en continuant à produire des denrées alimentaires, s’il est un indice sur lequel il faut garder l’œil, s’il en est un seul qui doit être considéré comme pertinent, ce doit être le fameux Taux de Retour Énergétique. Mais qu’est-ce qui se cache exactement derrière ces termes qui peuvent paraître un brin techniques de prime abord ? Tâchons de bien comprendre à quoi ce sigle de TRE fait référence, afin de bien cerner la problématique de fond qui se pose à nos sociétés modernes, mécanisées et saturées de substituts à la simple force des bras, huile de coude et sueur d’antan (qu’elle soit de l’homme ou des animaux du reste).

Pour faire simple, le TRE, c’est  le rapport entre l’énergie que l’on récupère en consommant un produit, et l’énergie investie ou dépensée pour produire cette même denrée. En résumé, si le résultat du TRE est inférieur à 1, c’est que la valeur de l’énergie dépensée pour produire est plus importante que la valeur de l’énergie récupérée en bout de chaîne (soit, à la consommation). Pour vous donner un exemple, si le TRE s’avère être égal à 2,5 et bien, cela signifie que l’énergie utilisée est 2,5 fois moins importante que l’énergie récupérée ; on peut alors parler de chaîne « vertueuse » si l’on peut dire. Une fois que l’on a compris le principe, il est très aisé de chiffrer le TRE de chaque aliment, et donc d’avoir une idée assez précise de la déperdition d’énergie afin de le produire, ou bien à l’inverse, du caractère dit « vertueux » de la production de tel autre produit.

Écologie : s'alimenter de manière à sauver la planète

Nous tenons tout de suite à faire une petite précision, qui a son importance, à savoir que l’énergie solaire n’est jamais considérée sur la base de ce calcul, du moins pour ce qui est des denrées alimentaires, qui sont le centre de notre propos dans ce présent article. Grâce au TRE,  il est donc relativement facile d’estimer l’efficacité d’un système de production donné, car cet outil  prend en compte tous les autres facteurs, tels que la combustion des énergies fossiles ou de biomasse, l’apport en engrais chimiques et autres pesticides (qui ont eux aussi une valeur énergétique propre à considérer), l’énergie dite « musculaire » tant des hommes que des animaux, etc.

 

Pour vous donner une idée, sachez que le modèle américain par exemple donne des résultats proprement effrayants avec près de 7,3 calories consumées pour une seule calorie en bout de chaîne : soit un TRE de 0,14 !!! Il est évident qu’avec un tel ratio, le monde ne peut qu’aller vers un effondrement global, et ce dans un laps de temps qui se compte en décennies au plus.

En France, jusqu’en 1950, nos agriculteurs (qui étaient les principaux producteurs de denrées alimentaires) atteignaient un TRE de 2, mais l’avènement de l’industrialisation et l’hégémonie sans partage de la pétrochimie et de l’agriculture intensive (tracteurs pour remplacer les charrues et les bœufs/chevaux de trait, pétrole pour remplacer les muscles et les engrais naturels, chauffage des serres, etc.) est parvenue à le faire grimper à 4 ! Le principal écueil de cette progression que l’on pourrait en premier lieu considérer comme positive, c’est le fait que les exploitations agricoles ne sont plus du tout autonomes en termes énergétiques. La dépendance absolue aux énergies fossiles ajoutée au fait que la production repose à présent sur tout un tas d’autres secteurs qui sont infiniment moins vertueux doit donc nécessairement contrebalancer ce TRE de 4, qui, rappelons le, ne concerne que la production. Il faut ainsi ajouter au bilan énergétique final, tout ce qui a trait au transport des produits (plus de 30 % de l’empreinte énergétique totale dans l’alimentation !), à leur distribution, à l’électricité qui fait tourner les usines agroalimentaires, au gaz et à la gestion des déchets (auxquels il ne faut pas oublier d’adjoindre les emballages) et le retraitement des eaux usées (et souvent même polluées par des produits chimiques). Une étude a montré que seulement 20 % de l’énergie totale dévolue au système alimentaire concernait la production agricole, ce qui est assez terrifiant; les activités les plus gourmandes concernent la production des fameux engrais chimiques qui iront ensuite polluer nos sols, nos nappes phréatiques et nos organismes.

Écologie : s'alimenter de manière à sauver la planète

Pour terminer, il faut mettre un petit bémol sur l’idée qu’un TRE très bas, et donc témoignant d’une faible efficacité énergétique, soit nécessairement négatif ou polluant, dans la mesure où les sources d’énergies exogènes, comme le feu pour la cuisson, le soleil pour sécher les denrées, ou encore le vent voire l’eau afin de moudre le grain sont en quantité tout simplement inépuisables. L’homme a longtemps utilisé ces énergies sans se soucier d’avoir un TRE très bas, et à raison.

Ce qui est dangereux par contre, c’est notre modèle assis, structuré (voire littéralement vautré) sur les énergies fossiles, car il n’est pas viable et il va très vite falloir le repenser en profondeur. Pas seulement parce que les courbes des graphiques représentant l’extraction de pétrole dans le monde montrent clairement que nous avons atteint et dépassé le fameux pic présageant une future pénurie, mais peut-être surtout parce que la planète est à bout de souffle, et que la santé des masses est mise à mal par la pollution et la malbouffe !

 

 

II/ Il existe des solutions, alors tenez-vous prêts et informés !

 

            A l’horizon 2050, les prévisions annoncent près de 10 milliards d’habitants sur notre belle planète bleue, autant dire que si nous ne changeons rien de notre mode alimentaire, à moins que nous mettions à manger de la terre et des cailloux, nous risquons fort de tomber sur un os, sur lequel par ailleurs, il ne reste déjà rien à ronger à ce jour !

Si l’on devait simplement tracer les grandes lignes de cette évolution (nous rentrerons dans le détail un peu plus tard), sachez qu’il va falloir drastiquement réduire la consommation de produits carnés et au contraire grandement augmenter la production et la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses et de noix. Pour information, sachez que toujours selon ces mêmes études, le français moyen consomme annuellement environ 5 fois trop de viande rouge, et ceci ne comporte donc pas la   consommation de poulet, qui crève littéralement le plafond !S’agissant de l’apport calorifique journalier, qui est de l’ordre de 2500 dans les produits riches tels que le notre, il faudra également faire un effort afin de le faire redescendre à environ moitié moins, soit 1200-1300 calories/jour (un nutritionniste vous donnera le chiffre le plus pertinent par rapport à votre rythme de vie, votre physiologie, votre activité, etc.).

Écologie : s'alimenter de manière à sauver la planète

D’une manière générale, l’amélioration de l’alimentation sur le demi siècle écoulé a permis de grandement rallonger l’espérance de vie, mais cette tendance est désormais plus ou moins neutralisée par le fait que nos régimes alimentaires industriels et saturés (calories, sucres, matières grasses, etc.) confinent au malsain. En revenant à une alimentation saine, le risque de morbidité lié à ces régimes déséquilibrés voire toxiques pourrait être inversé, et l’on pourrait sauver des dizaines de millions de vie par an. Ce qu’il faut, pour commencer c’est sans doute inverser la tendance au niveau de la production, c’est à dire qu’il faudrait que nous assistions à une nouvelle révolution agricole. La production alimentaire est en effet la plus importante cause de dégradation de la planète, elle impacte directement le climat et la biodiversité en des mesures déraisonnables ; les nappes phréatiques sont souvent elles aussi empoisonnées par les engrais phosphorés ou azotés, ce qui entraîne des maladies à touts les âges et à tous les étages de la société. Le but serait donc de décarboner la production et de cesser l’expansion des zones agricoles (dont une majeure partie sert seulement à nourrir les animaux que nous destinons à être mangés !), car la planète a perdu pas moins de 60 % de sa biodiversité animale entre 1970 et 2014, ce qui devrait non seulement alarmer, mais aussi aider à une prise de conscience. Ce n’est malheureusement pas nécessairement le cas.

 

Nous le disions en début de 2nde partie, ce qu’il faudrait que tout un chacun se mette dans la tête, c’est qu’il faut à tout prix baisser très sensiblement sa consommation de viande et de sucre, et au contraire, plébisciter les fruits, les légumes et les légumineuses ; pour vous donner une idée plus précise, à l’échelle mondiale, il faudrait que l’on multiplie leur consommation par deux, et ceci n’est qu’une moyenne (et en considérant que la production de ces mêmes fruits, légumes et légumineuses se fassent hors contexte de production industrielle).

Pour ce qui est de l’Europe, car nous ne pouvons pas nous comparer à l’Afrique ou à l’Amérique du Nord, nous consommons environs 4 fois trop de féculent (pomme de terre en particulier), 2 fois trop d’œufs, et trop de produits laitiers, par contre pour ce qui est des noix et des céréales par exemple, et bien il faudrait que nous en consommions environ 10 fois plus, les légumes 5 fois plus et les fruits 2 fois plus.

 

En France nous avons la chance d’avoir une histoire et une culture de l’agriculture justement, - n’étions nous pas considéré comme le grenier de l’Europe des siècles durant par le passé - ? Nos agriculteurs ont souffert de l’industrialisation et du fait que les politiques (notamment la Politique Agricole Commune européenne) aient largement distribué des subventions aux grosses exploitations, aux dépens des petites. Cela n’a fait que renforcer l’industrialisation du secteur et, ne nous mentons pas, à largement fait baisser la qualité et la diversité des produits afin de maximiser le sacro-saint profit, qui est le véritable mors de l’attelage Capitalisme-Industrialisation. Il est indéniable que l’on assiste vraiment à un retour aux sources ces dernières années, et le consommateur lui-même commence à prendre conscience que sa carte de crédit a au moins autant de pouvoir que sa carte d’électeur. De fait, le retour au local, à la consommation raisonnée, le retour aux commerces de proximité, notamment, tout cela contribue à faire changer les choses et à laisser respirer la planète un peu plus librement.

Écologie : s'alimenter de manière à sauver la planète

Conclusion

 

Sans aller jusqu’à pousser vers l’intégrisme alimentaire, il faut tout de même commencer à se prendre en main individuellement, car ce ne sont pas les grands consortiums qui vont le faire pour nous. Tâchez de consommer intelligemment, consommez les légumes de saison, évitez les avocats venus de l’autre bout du monde, ne consommez plus de viande issue d’élevages intensifs, non seulement pour votre santé, mais aussi pour celle de la planète et peut-être surtout par respect pour les animaux qui y sont littéralement torturés puis massacrés. La prise de conscience globale ne se fera pas d’un claquement de doigt, mais plutôt par effet de domino.

N’hésitez pas à prendre du temps pour expliquer, vous qui avez une conscience et une certaine connaissance du sujet. Ne vous montrez pas hostile, méprisant ou arrogant vis à vis des gens qui n’ont pas encore eu l’étincelle, car un domino humain, pour tomber et perpétuer la chaîne, doit le faire en conscience et en toute volonté. Il faut comprendre que si nous ne parvenons pas à nous raisonner en temps qu’espèce, la nature finira par nous contraindre, et, sans verser dans le catastrophisme, ne doutons pas qu’elle nous survivra, nous qui ne sommes qu’une toute petite  parenthèse de son histoire.  Mais le mariage est encore possible, n’abusons pas de cette relation qui pourrait être profitable pour tous les partis, concentrons nous chacun sur notre façon de consommer, et la planète continuera d’être ce berceau chatoyant et fourmillant de vie qui nous a permis d’éclore et de nous accomplir comme nous sommes parvenus à le faire jusqu’à aujourd’hui !

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Petite-Mam

30 ans, 3 enfants. Je peux dire que j'ai déjà bien réussi ma vie. 🍼 Blogueuse Lifestyle du Nord de la France. 💻 Maman 2.0
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